Extraits de Presse 2012
Porpora : CD Il Vespro per la Festività dell'Assunta
Le Parlement de musique redonne vie au Napolitain Porpora
Lumineux et bienfaisant
CD Ambronay

Né à Naples, le compositeur Nicolo Porpora s’impose très vite comme remarquable professeur de chant, n’ayant pas son pareil pour déceler les possibilités d’une voix et l’amener au plus haut degré de perfection. De 1715 à 1721, il enseigne cette matière au Conservatorio S. Onofrio de sa ville natale, comptant parmi ses élèves le futur castrat Farinelli et le compositeur Johann Adolf Hasse. A Londres en 1733, il dirige l’Opera of the Nobility, ce qui fait de lui le rival de Haendel, et à Vienne vingt ans plus tard, il emploie le jeune Haydn comme factotum, ce qui permet à ce dernier de faire « de grands progrès en chant, en composition et en langue italienne. » Il meurt à Naples dans la misère en 1768 ... Ses vêpres Per la festivita dell'Assunta, données pour la première fois en 1744 pour la fête de l’Assomption dans l’un des quatre orphelinats de Venise, sont destinées à un orchestre à cordes avec continuo et à des voix de femmes (solistes et chœur). On en entend ici (en live au festival d’Ambronay) le psaume Lauda Jerusalem ainsi que trois autres pièces de provenances diverses, le tout formant un programme des plus homogènes. La grande virtuosité de cette musique ne s’exerce que très peu au détriment de la substance musicale. Les tonalités majeures dominent, le discours baigne le plus souvent dans une atmosphère de luminosité bienfaisante, les trois solistes se chargeant à l’occasion des accrochages sonores indispensables.
Marc Vignal, Musikzen

L'enregistrement réalisé à Ambronnay restitue avec une clarté et une légèreté extraordinaires l'ambiance de ces Vêpres.
... Ces Vêpres pourraient être seulement solennelles et graves, sous la baguette de Martin Gester elles sont aériennes et envoûtantes.
Jean-Michel Ogier, Francetelevision.fr

Ambronay recordings are always interesting - the festival explores unfamiliar repertoire, generally works that one reads about in journals but never hears. This is definitely the case here: I have seen editions of Porpora's music for services in the Venice ospedali, but this is the first time I have actually heard any of it. Much has been made of Vivaldi's singing girls giving sacred concerts from behind the grilles high in the church balconies but, as I wrote of Bach above, Vivaldi did not live in a bubble and he was far from the only major composer writing for such forces.
Martin Gester, the director of this project, is also not someone who fears stepping into the unknown (...) Here, three soloists (sopranos Marilia Vargas and Michiko Takahashi with Delphine Galou, alto) join a "choir" of 12 (SSAA), and a string orchestra (33II1) with two theorbos and organ in three psalms (Laudate pueri, Laetatus sum and Lauda Jerusalem - so not quite a complete Vespers) and a setting for alto and strings of the Marian antiphon, Salve regina. My fussy Spanish visitor was not keen on Porpora's filigree and "lack of substance". I, on the other hand, was quite happy to let what was basically a sequence of operatic movements wash over me, nowhere more so than in the Salve regina, which I am very surprised has not become a far more regular on concert programmes. What is all the more remarkable about these performances is that they were just that - the audiences in Ambrnay enjoyed these live gems in the wonderful abbey setting. That must have been about as close as it is possible to get to experiencing something of Porpora's world. And quite a wonderful evening !
Brian Clark, Early Music Review


Écrites en 1744 pour les orphelines de l’Ospedaletto, les Vêpres “per la Festività dell’Assunta” irradient une joie communicative. Porpora s’inscrit dans le sillage de ce qu’un Vivaldi a pu produire pour l’hospice vénitien de la Pietà, tout en se démarquant dans l’exubérance de son langage. La sophistication des ornements, le caractère enjoué, presque badin de la musique célèbrent l’entrée au Ciel de la Mère de Dieu. Ces Vêpres concertantes témoignent aussi de l’aboutissement d’un genre : la beauté du contrepoint des choeurs, expression du baroque tardif, rejoint un lyrisme pré-classique dédié aux voix solistes.
L’enregistrement du programme s’est déroulé lors du concert donné au Festival d’Ambronay en septembre dernier. Des cinq psaumes et des deux antiennes des Vêpres de l’Assomption, Martin Gester n’a gardé que les parties substantielles des Vêpres, à savoir le Laudate pueri Dominum, un très suave Salve Regina pour voix d’alto, ainsi que les Laetatus sum, et Lauda Jerusalem, pour que le relief crée par le caractère contrasté de l’ensemble du programme réponde à celui de chacune des pièces. L’orchestre du Parlement de Musique est mordant, incisif. La Maîtrise de Bretagne apporte sa fraîcheur et sa spontanéité à la grande virtuosité des solistes.
Un enregistrement hors des sentiers battus, pour découvrir un autre visage du baroque vénitien.
L'Autre Monde - Les Estats et Empires du Baroque
http://boutique.lautremondeparis.com/Disques

 
Alessandro Scarlatti : Stabat Mater & Musiques pour la Semaine Sainte
De nombreux auditeurs se pressaient dans l’abbatiale de Neuwiller par ce dimanche ensoleillé. L’atmosphère musicale, elle, était plutôt marquée par la gravité sombre, mais somptueuse, de musiques sacrées dont les liturgies contemporaines gardent assez peu la mémoire.
Et pourtant, au cours des siècles passés, de très nombreux musiciens se sont attelés à cette tâche de compositions à l’attention des fidèles pour les offices de la semaine sainte : ainsi, ces lamentations du jeudi saint, chacune introduite par une lettre hébraïque. Celles de ce concert, d’Alessandro Scarlatti, suivies du motet Infirmata, vulnerata, étaient très représentatives de ce genre musical à usage liturgique : ligne mélodique au service du texte, dialogue entre les deux solistes vocaux, la soprano Marilia Vargas et l’alto Martin Oro, et leur extraordinaire présence, tout en beauté, en nuances, en ornements finement ciselés, le tout au service d’une spiritualité, certes élégante, mais sans recherche d’esthétisme. Les textes distribués et commentés étaient à cet effet d’un grand secours.
Le Stabat Mater du même Scarlatti affirmait, plus longuement encore, ces mêmes qualités. La partition vocale se répartissait entre des duos ou des parties pour une voix seule, aboutissant à une construction très équilibrée, avec parfois des montées et des descentes chromatiques détaillées avec une très grande finesse par les solistes et les instrumentistes, le tout sous la direction discrète, mais oh combien efficace de Martin Gester depuis son clavier.
La particularité du Parlement de Musique réside, entre autres, dans l’association, parfois pour une période très brève, de musiciens vocaux et instrumentaux venus des quatre coins du monde, dont l’expérience, en dépit de leur jeunesse, et l’engagement artistique sont patents. La Sonate da Chiesa de Arcangelo Corelli, qui baignait dans la même atmosphère que les autres œuvres au programme, le démontrait tout autant.
Ce concert de qualité exceptionnelle dont a bénéficié Musiques au pays de Hanau était une première étape d’une tournée internationale qui, à n’en pas douter, rencontrera un grand succès aussi attendu que mérité.
DNA

 
Le Retour de la Paix : Montéclair & Clérambault
CD K617
Croyez-le ou pas, la puissance guerrière française génère sa propre série de concerts… Je ne sais pas si les armées pouvaient juger de la qualité de la musique, mais dans ces excellentes cantates de Montéclair et Clérambault, les textes sur la France glorieuse passent comme du gâteau.
En tous cas la soprano Dorothée Leclair a l'énergie vocale qu'il faut pour ce programme, les instrumentistes lui répondent avec panache, et la musique instrumentale un peu plus sobre, entre les cantates, bénéficie elle aussi de belles interprétations.

Tijdschrift Oude Muziek NL